AIFI 2026 : l’avenir du private capital — 40 ans de croissance, nouveaux modèles réglementaires et innovation technologique

Matteo Pedrali3 min de lecture

Découvrez les enseignements clés de l’AIFI 2026 : réformes réglementaires, innovation portée par l’IA et compétitivité mondiale au cœur de l’avenir du marché italien du private capital.

AIFI 2026 : l’avenir du private capital — 40 ans de croissance, nouveaux modèles réglementaires et innovation technologique
AIFI 2026 : l’avenir du private capital — 40 ans de croissance, nouveaux modèles réglementaires et innovation technologique
AIFI 2026 : l’avenir du private capital — 40 ans de croissance, nouveaux modèles réglementaires et innovation technologique

Le congrès annuel 2026 de l’AIFI, intitulé « Quel avenir », s’est ouvert sur une lecture prospective des forces qui redessinent le paysage du private capital. Au fil de la matinée, les intervenants issus des institutions publiques, des organismes d’investissement et du secteur technologique ont convergé vers trois thèmes structurants : l’évolution rapide du cadre réglementaire, l’influence croissante de l’innovation technologique — en particulier l’intelligence artificielle — et l’élargissement de l’écart de compétitivité entre l’Europe et les États-Unis.

Ces trois axes ont nourri une réflexion plus large sur la manière dont l’écosystème italien du private capital doit évoluer pour rester résilient et compétitif. Voici les principaux enseignements et considérations stratégiques issus des débats les plus marquants.

Anna Gervasoni, directrice générale de l’AIFI
Anna Gervasoni, directrice générale de l’AIFI

1. L’essor mondial du private capital et son impact sur l’économie italienne

Le propos introductif d’Anna Gervasoni (directrice générale de l’AIFI) a posé une perspective macroéconomique essentielle : considérés comme un ensemble unique, les marchés privés mondiaux représenteraient aujourd’hui la deuxième économie de la planète.

Ce constat déplace le centre de gravité du débat : le private capital constitue désormais le principal moteur de croissance et de transformation industrielle, bien au-delà d’un segment de niche.

Malgré cette force à l’échelle mondiale, le marché italien doit relever un défi structurel : orienter l’immense liquidité détenue par les ménages italiens — dont la richesse financière atteint des niveaux records — vers l’économie réelle et les entreprises du territoire.

2. Réforme du TUF et nouveaux modèles réglementaires : la prochaine ère du private capital

Un point décisif concerne la gouvernance et le cadre réglementaire. Le nouveau TUF (texte unique de la finance) mentionne désormais explicitement le private equity et le private debt.

Il s’agit de bien davantage qu’une mise à jour terminologique : c’est une reconnaissance institutionnelle attendue de longue date. Elle confère un cadre réglementaire clair à des instruments essentiels à la recapitalisation des PME italiennes.

Comme l’a souligné le secrétaire d’État Federico Freni (ministère de l’Économie et des Finances), la simplification et la sécurité juridique constituent les premiers piliers de l’attractivité du capital, à un moment où la compétition entre territoires demeure particulièrement intense.

3. Europe et États-Unis : compétitivité, déploiement du capital et rôle de la CDP

Giovanni Gorno Tempini, président de Cassa Depositi e Prestiti (CDP), a proposé une lecture précise de la comparaison transatlantique. Du point de vue privilégié de la CDP, un écart structurel apparaît : les États-Unis offrent une bien plus grande liberté d’allocation du capital et une vitesse de déploiement des montants importants que l’Europe peine encore à égaler.

Le système européen reste freiné par la fragmentation, qui limite l’émergence de véritables champions continentaux. Les institutions nationales telles que la CDP jouent dès lors un rôle de « pont », stimulant le marché là où le capital privé parvient difficilement à intervenir seul, notamment lors des phases de scale-up technologique et infrastructurel.

4. IA, technologie et innovation : les défis identifiés lors de l’AIFI 2026

Aborder l’avenir suppose de traiter la question de l’intelligence artificielle. Giorgio Metta (directeur scientifique de l’IIT) a apporté un pragmatisme scientifique bienvenu : les risques de l’IA sont réels, et l’éducation ainsi que la formation constituent la voie la plus sûre pour les maîtriser.

Il convient de faire preuve de patience et d’acquérir la maîtrise de la technologie afin qu’elle travaille avec nous. Dans le secteur financier, l’IA laisse au jugement humain sa place centrale dans la banque d’affaires et la conduite des opérations, tout en transformant profondément les structures d’analyse et les modèles de gestion du risque. C’est en l’adaptant dès aujourd’hui que nous exploiterons son potentiel sur les marchés de demain.

5. Perspectives : la vision de l’AIFI pour l’écosystème italien du private capital

Le président Innocenzo Cipolletta a clos l’événement sur un message optimiste : la technologie transforme les structures de marché et ouvre une opportunité considérable, qu’il appartient aux acteurs de saisir. Il y a quarante ans, le private capital italien relevait de l’intuition pionnière ; il constitue aujourd’hui une réalité consolidée qui a accompagné des milliers d’entrepreneurs.

Les débats laissent l’impression d’un secteur prêt pour un nouveau saut qualitatif, à condition d’associer la solidité des données à la vitesse de l’innovation technologique. Le marché appelle davantage de sérénité face à la technologie et davantage d’audace dans l’allocation du capital.


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